Bruno Green

Journal – Poèmes – Nouvelles

Voyage en solitude juillet 2011

Il faut vivre avant de dire.

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Je roule à l’ordinaire.

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Faire par goût est une fainéantise, faire par obligation est une lâcheté.

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Je parlerai à Dieu lorsqu’il daignera me répondre.

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Se suicider socialement n’est rien, sinon se mettre à l’abri d’une certaine misère.

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Comment peut-on se perdre en vanité après ce que l’Histoire a déjà charrié d’erreurs.

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Dans notre petite condition, mettre un pied devant l’autre est déjà une grande prétention. Certains y parviennent mieux que d’autres.

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Inachevées, mes phrases dessinent des archipels qui gardent l’espoir d’un continent.

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Artisan, lent, laborieux, je n’envisage pourtant pas de passer à la mécanisation.

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A hauteur d’homme toujours… sous la ceinture jamais.

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Absurde démesure de l’époque qui en oublie jusqu’à sa ridicule précarité.

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La bétise est un ingrédient récurent de tout être et toute chose, ne varie que son pourcentage.

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Accepter son incompétence est un travail de longue haleine.

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Si je savais que je dois partir bientôt, je mettrais les bouchées doubles.

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Ni cynisme ni forfanterie, la vie est assez pénible comme ça.

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De deux chemins j’ai toujours choisi le plus mal pavé.

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La plupart des amitiés ne valent que par la distance qui les séparent.

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« Chacun est seul sur terre, traversé par un rayon de lumière et soudain c’est le soir ». Salvatore Quasimodo.

Voyage en solitude juin 2011

Malgré tout, notre paradis est de ce monde.

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Je ne renonce ni ne renie, mes espèrances restent plus fortes que mes faiblesses.

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Jusqu’au dernier instant, on n’a pas le droit de se tromper sur soi-même, du moins doit-on y consacrer tous ses efforts.

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Il est facile de mettre sur le dos d’autrui toutes les saloperies dont on a soi-même peine à se débarasser.

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A tâtons, lentement, j’ai choisi le chemin de la fidélité.

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Ecrire c’est s’époumonner en silence.

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Braise ou brasier, ma révolte continue de me tenir lieu de foyer.

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Je m’appitoie dira-t-on. Non, je ris de toute médiocrité qui ne mérite aucune pitié.

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Intensité et chaleur sont ce que nous aurons pu, avec quelques-uns, sauver du désastre.

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Nous ne pouvons être tenus pour vivants que par les possibles qui nous attendent.

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La nostalgie c’est hier, l’amour c’est aujourd’hui, l’espoir c’est demain. Le paradis c’est jamais et c’est tant mieux.

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Les mots me sortent de la peau autant qu’ils y entrent.

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On n’est pas sensible n’importe où avec n’importe qui.

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Je l’ai quittée cette terre qui est en moi, pour une autre qui y était tout autant, mais je ne le savais pas.

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A chaque page que je tourne s’ouvre une immensité que j’appréhende de pouvoir combler.

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Le regard que l’on porte sur les choses n’a de sens que si l’on a les yeux ouverts.

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Je suis à l’ouest, d’autre à l’est, avec la distance, insignifiante à mes yeux, insurmontable aux leurs.

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Les plus grandes amitiés sont silencieuses.

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Le vrai poête est un homme de coeur qui, sans rien apprendre, a tout compris.

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J’aurais pu détester le monde et tout ce qu’il porte.

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Les souvenirs se ramassent à la pelle… et pourissent si on ne les brûle.

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Voyage en solitude mai 2011

Accepter de n’être personne, parmi tous ceux qui crèvent d’être quelqu’un, est finalement très facile.

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J’ai cherché de la tendresse dans le coeur des hommes et ne l’ai souvent trouvée que dans leurs moments de faiblesse.

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Le bonheur est-il un droit quand on sait qu’il n’a que peu de mérite.

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Parler juste ne préserve pas de parler de travers.

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Riche les poches vides. Libre surtout.

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L’essentiel tient en peu de mots.

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Dans la dégradation des relations, l’usure est largement secondée par la surdité.

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J’ai appris à vivre avec ma désespérance, fidèle au point de finir par l’aimer de tout mon coeur.

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Il m’arrive fréquemment de m’absenter de ma vie pour y réfléchir.

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Dans la socialité quotidienne, chacun reste lui-même, ramenant le monde à ce qu’il est : une juxtaposition de folies individuelles.

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La vérité se niche plus souvent dans les anecdotes que dans les grandes phrases.

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Révolutionnaire à vingt ans, démocrate à trente et conservateur à cinquante. Triste poncif.

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A sa grande surprise l’homme vient au monde ébloui par une intensité dont il réalise qu’il s’agit de sa propre vie, au moment même où celle-ci commence à décliner.

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La mélancolie nous accompagne. Elle fait, pour ainsi dire, partie du trousseau.

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Là où je croyais être en fuite, j’étais en quête.

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Ce n’est pas tant que j’ai perdu mes illusions qu’on me les a retirées très tôt.

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Ma lucidité n’a rien d’un désespoir et l’avenir, même s’il n’est pas le mien, toujours reste une promesse.

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Mes doutes sont un courage chaque jour renouvelé.

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« Je ne suis pas né pour me plaire, mon étât de vie c’est la guerre… » Georges Perros.

Voyage en solitude avril 2011

Partir c’est tendre un miroir dans lequel beaucoup ne souhaitent pas entrevoir leur reflet.

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La plupart des mots ne valent que par les silences qui les séparent.

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Errant au gré des opportunités, ne cotoyant plus leurs rêves que comme on cotoie sa mélancolie dans la lumière pâle d’une fin de dimanche après-midi, les saltimbanques résignés s’en vont vivre leur vie à petit feu.

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De la révolte nait la dignité.

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Je suis un autre de ces va-nu-pieds, épris de poésie, prêt à y laisser sa peau sans même y réfléchir.

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Je ne sais qui a raison et qui a tort mais je sais qui est vivant et qui est mort.

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Compagnons de misère, on aimerait croire que l’on choisit ses amis quand c’est le hasard qui est à l’oeuvre… et nos faiblesses qui font le reste.

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C’est la fatigue qui change les hommes, de petits échecs en vanités déçues, l’amertume s’imisce dans les moindres recoins de l’âme.

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Englués dans de petits combats, à petits bras, l’essentiel perdu de vue, pour beaucoup le superflu est souvent devenu le tracas quotidien.

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Les amours se consument, les amitiés se déchirent, laissant plus de questions qu’elles ne prétendaient en avoir résolues.

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Ainsi l’esprit mettrait le temps à profit pour s’affiner. Foutaises, vieillir est un naufrage…

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Nous aimons nous penser membres d’une même communauté quand nous ne sommes que solitudes juxtaposées.

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Taire sa souffrance c’est souhaiter qu’elle resurgisse.

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« Il est rare qu’un homme dise à ce point l’envers et l’endroit de son étonnement. Quand il le fait, il étonne. Après quoi, on exige l’impossible du mouton à cinq pattes et on le mitraille. » Georges Perros à propos d’Albert Camus.

Voyage en solitude mars 2011

Je ne cache rien, ni mes mots ni mon coeur et je ne me protège de rien, ni des sentiments ni des intempéries.

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L’amitié est une fille de joie qui ne rencontre l’amour que très exceptionnellement et déteste les hommes plus souvent qu’elle ne les désire.

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La force du nombre fait le confort des lâches.

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Ne nous faut-il pas mourrir un peu chaque jour pour mieux nous acquitter du destin qui nous incombe.

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De ce rien que nous sommes nous nous évertuons à vouloir faire un sommet d’humanité.

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Quelques longs silences entrecoupés de courtes notes de musique auront finalement suffit à combler toutes mes aspirations.

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Vivants parmi les vivants, combien d’entre nous sont déjà morts, d’ennui, de tristesse, de ne pas avoir su choisir.

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Finalement j’aurai empli ma vie de tout mon être et nié à la banalité le droit de la conduire.

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Echappé, j’ai parfois cru ne plus être capable de revenir parmi les hommes.

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On vit plutôt mal que bien mais jamais l’on ne doit oublier de rêver nos lendemains.

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On se plaint que le bonheur aille et vienne oubliant qu’un jour il n’ira ni ne viendra.

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C’est au bord du gouffre que nous aimons marcher, les yeux fermés, espèrant pourtant ne jamais y sombrer.

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Persuadés de défendre nos âmes, nous ne faisons que nous débattre dans un étât que jamais nous n’avons choisi.

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J’ai choisi de ne pas oublier beaucoup de ce que j’ai vu , renonçant ainsi définitivement à ma tranquillité.

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Quand comprendrons-nous que la vie est un fardeau démesuré pour nos fragiles possibilités.

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Et l’on se prend à se demander si l’on a jamais existé pour qui que ce soit… nous ne sommes faits que pour respirer au-delà de nos espèrances.

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Il est cruel de savoir que c’est à deux doigts de la mort que la vie prend tout son sens.

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Dans un monde bouleversé par l’échec, je vois des hommes dont la seule expérience est le constat de leur impuissance.

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Voyage en solitude fev. 2011

Ecrire est un palliatif, une thérapie, un acte définitif constamment remis au lendemain.

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Mortels triomphants, par nos petites victoires du quotidien nous conjurons le trépas que nous devinons à l’horizon, sans oser lever les yeux sur lui.

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Je me hâte de voir dans mon scepticisme chronique l’expression de ma liberté. Ça me rassure… un peu.

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Les plus actifs occupent l’espace, oubliant que si l’agitation attire l’attention, parler fort ne donne pas raison.

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L’époque tend le miroir et le paon fait la roue.

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Ce n’est ni la mort ni ce qui la suit qui nous effraie mais bien le chemin qui nous mène jusqu’à elle.

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S’il n’était cette certitude que nous finirons un jour par tous nous ressembler, tant du dehors que du dedans.

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Voyage en solitude janv. 2011

Notre époque compte plus de célébrités qu’elle n’en mérite.

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Et si ce n’était la poésie, on serait en écriture comme d’autres sont en prison.

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Donner son autonomie à la pensée c’est lui permettre de se retourner contre celui qui la formule.

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Je suis un exilé de corps, un immigré de coeur, un expatrié de la foi.

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Par toutes sortes d’artifices on voudrait nous faire croire que la vie que l’on veut nous faire mener vaut la peine d’être vécue.

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Le sens réside dans ce qui ne peut se quantifier, l’intelligence, la douleur, la beauté… Car tout de même, quel gachis que l’on nous propose.

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La franchise est une lame dont il ne faut jamais hésiter à se servir.

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Ce serait ça l’honnêteté, produire sans arrière-pensées, sans espoir de retour.

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D’une certaine façon nous sommes quelques-uns à être morts avant l’heure. Il nous a été donné le pouvoir de survoler ce que nous sommes. Ce n’est ni douloureux, ni agréable.

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C’est nu que je me présente à vous, en tout cas débarassé de la complaisance qui habille trop souvent le troubadour.

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S’il y a erreur j’en suis comptable. Ce que j’ai dit je l’ai dit et s’il y a impulsivité, jamais il n’y a mensonge.

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Car après tout, à ce fardeau qui nous incombe, jamais nous n’avons postulé.

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Je ne sais pas, je sens…

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Certains, pleins de leur savoir, ont fait le choix de la fatuité, se privant du même coup du regard distant qui ne leur aurait renvoyé que vacuité.

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Vivre digne c’est faire le choix de l’inutile et de l’immatériel, c’est embrasser l’adversité comme son bien le plus précieux.

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J’assêche, j’élague, je dégage le superflu, je marche à l’inverse de l’époque.

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Pas un mot je ne retirerai. Sous le regard de mes amis, de mes enfants, j’aurai la gêne d’être nu mais la fierté d’être honnête.

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Mes mots je les ramasse au quotidien, collecteur laborieux de petits sentiments.

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Voyage en solitude dec. 2010

A écrire on ne résoud rien, on dompte ses ardeurs, on calme sa douleur. Tout au plus.

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Il n’y a d’honneurs que pour ceux qui veulent bien les prendre. Jouer en dehors des règles est un devoir, choisir d’exister à côté de la lumière un acte de courage.

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Ayant enfin daigné revoir nos ambitions et enfin procédé à toutes les simplifications, se peut-il que rien ne se résolve?

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Ultimement, l’unique promesse qui sera tenue est celle du néant.

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Parfois, fugitivement, il nous est donné d’entrevoir la part d’absurdité que contiennent nos vies ordinaires.

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Voyage en solitude nov. 2010

Tout a fini par arriver, passer, s’éteindre. On n’a pas été, on n’est pas, on ne sera pas ce que l’on pensait devenir.

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Epoque de dégueulis abscons généralisé. Ce ne sont pourtant pas les mots qui forcent l’idée, mais bien l’idée qui forge les mots.

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Chasser le faux, refuser les semblants, payer le prix et en tirer fierté.

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Echappé, réfugié en étât de poésie, quelques éclats de bonheur puisés dans la nostalgie.

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Avec l’âge s’assèchent les larmes, car à quoi bon, on le sait que rien ne tourne rond. Si peu mérite notre chagrin, quand l’essentiel de nos peines finit toujours par être derrière nous.

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Chasser cette souffrance dont on finit par croire qu’elle nous a précédé dans la naissance. Combler cette fêlure, cet abysse au bord duquel on se tient, le coeur levé, la vue brouillée.

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Ne jamais se contempler, ne jamais se complaire. Ne jamais se projeter mais dire et faire au plus près de son coeur.

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N’accepter ni l’engourdissement des sentiments, ni le confort de la lâcheté, attiser la révolte et ne rien céder de nos exigences originelles.

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Partir est un abandon, partir est une fuite, partir c’est trahir. Du moins c’est ce que j’entends, quand rester serait courage et acte de résistance. Partir c’est choisir.

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Les amitiés se révèlent dans la distance, à l’éloignement ne résiste que l’essentiel.

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Nous sentirons-nous  jamais libres de n’être rien, de ne plus nous activer, libres de regarder l’eau couler, d’abandonner toute prétention et de reconnaitre notre fragile inutilité.

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La poésie, quelle que soit sa forme, a cela de terrible que c’est elle qui vous choisit. Le contraire n’est que posture.

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La nostalgie ne serait rien s’il n’était cette certitude que le temps effacera tout.

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Voyage en solitude oct. 2010

Ne comptez pas sur moi pour me théoriser. Je sais qui je suis, un peu, à force. Je sais où je vais, de fait, les possibilités s’amenuisent.

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Ecrire c’est se défendre, se mettre à l’abri des coups, un peu, en les nommant avant même qu’ils ne pleuvent.

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J’aime la vie, autant que faire se peut.

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Ma plus grande crainte est de me trouver tout à coup figé dans les regrets, comme un magret dans sa graisse, froide.

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Pour vivre il faut accepter que l’espoir soit un leurre nécessaire.

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Si seulement le vocabulaire courant pouvait nous donner l’assurance de nous comprendre.

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Et je me demande parfois si je suis bien celui que j’observe vaquer à ses tâches quotidiennes.

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Nous possédons tous notre petit théatre quotidien. Cet espace dans lequel, de la cuisine à la chambre à coucher, nous devons entasser nos bonheurs, nos frustrations, nos espoirs et nos souvenirs.

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Nous sommes nombreux à trembler aux mêmes signaux. Je ne suis que celui qui exprime ces tremblements.

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Car elle est bien là la différence. Jamais un chien ne compte le temps qui lui reste à vivre.

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